Le match des meetings, la guerre des chiffres, et la presse

Annoncer les chiffres de participation à un meeting est sans doute un bien périlleux exercice pour la presse. Surtout quand les seules évaluations sont faites par les organisateurs, comme c’est le cas pour les réunions politiques, pour lesquelles les préfectures de polices ne donnent pas d’estimation contradictoire. La prudence est donc logiquement de rigueur. Ce point noté, ça n’empêche pas de faire preuve d’un minimum d’esprit critique et de prendre quelques repères.

En ce dernier week-end préélectoral, 3 meetings plein air pour compter ses forces, le front de gauche au Prado à Marseille; le parti Socialiste à Vincennes et l’UMP place de la Concorde à Paris. Le premier ayant déjà fait une vaste démonstration de force à la Bastille, c’est surtout sur les 2 autres que la pression reposait. La participation très massive au Prado n’aura qu’ajouté au match. Assez étrangement, les organisateurs des 2 meetings annoncent assez vite 120 000 personnes, le chiffre qui était annoncé à Bastille. On sait au moins quelle était la référence qu’ils visaient. Ce qui sera intéressant est surtout de voire quelle analyse critique en est faite, et quelle sera le traitement médiatique !

Regardons déjà ce que l’on peut dire : tout le monde s’accorde à dire que la réunion à la Concorde est largement un échec. La place était largement barricadée, la foule très peu dense, ça ne dépassait de nulle part et la place s’est vidée en un temps record après le discours.. Le discours fait beaucoup plus tôt que prévu et très court marque-t-il d’ailleurs une résignation du président-candidat ? Les estimations maximum semblent tourner entre 30k et 50k.. ça a l’air encore généreux et l’absence totale de plan large au delà de la seule place est un signe claire d’un parti qui maîtrise largement son choix des images! Bref, candidat éliminé assez vite.

Reste le match à gauche donc. A Vincennes, l’esplanade fait 28000m² et peut accueillir 40k personnes. Les images filmées de la foule pendant le discours montrent clairement que la foule est, certes importante, mais pas très dense, en tout cas vraiment pas tassée. Les arrivées sur la place sont aussi largement parsemées. Donc 120 000 ? ou 100 000 ? surement pas. 50 000 peut-être ? pour une place non pleine qui peut accueillir 40 000 c’est déjà pas mal.

Ça ne dit pas qu’à la Bastille il y avait 120 000 personnes, regardons donc de ce coté ce qu’on peut dire aussi : déjà la compacité de la foule, était pour le coup très impressionnante. Les journalistes en ont tous témoignés, les images le montrent, ceux sur place savent bien qu’il était très dur même de se déplacer, au point que le candidat avait raccourci largement son discours à cause des problèmes de sécurité qu’une telle compacité de foule engendre. En surface, je ne trouve pas d’estimation claire de la place (si quelqu’un trouve je suis preneur), si les longueurs et largeurs moyennes sont bien calculées sur la page wikipédia ça donnerait une surface légèrement supérieure à Vincennes autour de 32 000m², mais sur une vue satellite ça n’est pas si clair.. disons surface comparable. Mais à la place, qui était pleine à craquer au point que toutes les entrées débordaient, il faut ajouter toute la rue jusqu’à Nation qui n’avait pas pu se vider, l’entrée sur la place étant devenue impossible, et qui est donc restée bloquée derrière.
Alors ? Je ne sais pas si ils étaient 120 000 ici où là bas, mais quand même, la différence de foule parait incontestablement en faveur de la Bastille !

Et le Prado ? beaucoup moins de repères là bas pour mesurer… mais sur une surface de 60 000m² il y avait sans conteste une belle foule. Moins tassée qu’à la Bastille clairement, sur les images ça semble comparable en densité à Vincennes, mais sur une surface beaucoup plus grande..

Bref. On ne peut rien dire de formellement chiffré de tout ça, mais il y a un faisceau d’indices qui converge vers une participation assez en faveur du candidat du Front de Gauche.

Que diront les médias de tout ça ? la prudence voudrait qu’ils ne donnent pas trop de chiffres. On n’attend pas d’eux qu’ils mettent en avant une victoire du rassemblement du front de Gauche à Bastille comme au Prado, vu le traitement auquel ils nous ont habitué. Mais le « 3e homme » comme ils disent désormais sera-t-il traité honorablement dans ce match ? On verra encore une fois les journalistes qui font ça avec esprit critique et ceux qui se contentent d’être les laquais d’un ordre établi.

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La stratégie du choc

Indispensable en période électorale, de remémorer quelques vérités historiques.. sur le libéralisme, sur la manière dont il s’impose, sur ses « succès » partout où il a été mis en oeuvre et l’évolution des sociétés qui en ont souffert..Le documentaire, à première vue, peut donner une petite impression de « complotiste ».. pourtant tous les faits exposés sont facilement vérifiables, et malheureusement très confirme à la réalité.

Regarder ce documentaire, fait sur la base du livre de Naomi Klein du même nom, en pensant à ce qui se passe récemment en Grèce, au Portugal.. et assez largement dans toute l’Europe, peut donner quelques sueurs froides. Mais un électeur éclairé en vaut deux. Si un candidat ne vous explique pas clairement comment il luttera contre ces puissances là.. passez votre chemin !

ceux qui résistent

C’est une phrase que Mélenchon aime bien utiliser dans ses discours, pour rappeler qu’il y a une catégorie de gens qui toujours se lève pour refuser, quand ils pensent qu’il y a une injustice, et que ce sont souvent les mêmes gens peu importent les circonstances.

Nous vivons ces jours-ci le n-ième épisode Médias contre Front de gauche, mais ils finissent souvent pareil : quand Mélenchon, ou d’autres membres du front de gauche comme Delapierre aujourd’hui, directeur de campagne, critiquent le traitement médiatique, on voit tout à coup un déluge d’articles pour dénoncer une « attaque » contre la presse. La palme, quoi que très disputée, pourrait bien revenir à Barbier pour cette déclaration toute en finesse : « Mais la dérive logomachique du mélenchonisme en ébullition, mélange de dogmatisme, d’agressivité et de raccourcis, est éloquente: elle nous indique ce que serait la liberté d’expression sous un régime mû par une telle idéologie » [1].

Cette déclaration, qui n’est à l’évidence ni agressive ni un raccourci, (et encore, pour épargner les cardiaques j’ai retiré le passage sur la Corée du Nord qui suivait..) reprend l’idée que la plupart des autres éditos sur la question développent : le front de gauche aimerait bien contrôler la presse, avec une petite musique Stalinienne en fond, s’il vous plait. Le problème, c’est que les mots ne sont pas si creux que M. Barbier l’entend : qu’ils nous donnent, lui et les autres qui écrivent ces choses là, un seul exemple, un seul !, dans lequel Mélenchon ou le Front de Gauche remet en cause quoi que ce soit sur la liberté de la presse. Non seulement ils ne pourront pas, et pour cause, mais c’est même le seul parti à proposer clairement une réforme pour renforcer le rôle et l’indépendance de la presse ! De cela, ces journalistes là ne se font jamais l’écho, étrangement.

Je ne sais pas si, au fond, comme d’aucuns le disent, c’est une réaction corporatiste. Mais en tout cas, c’est une réaction d’orgueil mal placé : ces journalistes là, et je précise parce que je ne pense nullement qu’ils sont représentatifs du corps, justement, devraient être les premiers à comprendre que c’est ce même droit d’expression qui permet de critiquer leur travail, quand on n’est pas d’accord. Et que la critique, toujours quand elle est argumentée, est saine. La méthode de Barbier à cet égard est pour le moins lamentable : prendre le bon mot « annexe hebdomadaire de minute » pour réduire à ça 10 minutes de conférence de presse argumentée sur les exemples tirés de la presse elle-même. Mais la méthode est systématique chez les gens qui ne supportent pas la critique : on rebondit sur une phrase, une expression, un mot même, pour capter l’attention et ne jamais répondre sur le fond.

Vous n’êtes nullement, messieurs, des vaches sacrées. Votre travail n’est pas toujours exemplaire et lumineux, comme vous semblez signifier en refusant toute critique. Et ce n’est pas être anti-médiatique que de dire, à un journaliste qui pose une question idiote, qu’il fait mal son travail; que de relever le sous-entendu idéologique dans le traitement d’une information; que de pointer un journal du doigt en disant qu’il se comporte comme un organe de propagande d’un parti quand il enchaîne les prises de positions très peu mesurées.

La liberté d’expression, pour finir, mérite mieux que le petit usage mesquin de protection des médias à laquelle vous voulez la restreindre. Et comme chaque fois qu’elle fut attaquée, chaque fois qu’elle le sera, ce sera encore nous, y compris pour vous défendre vous-même, qui nous lèverons les premiers.

Parce que nous sommes de ceux qui résistent, souffrez donc que ça soit parfois contre vous.

[1] réponse au mélenchonisme en ébullition. 04/12/12

Le seul qui peut gagner

On aura eu le droit, dans cette élection, à tous les ressorts émotionnels pour nous faire comprendre à quel point voter pour un programme, par conviction, était vain.

Une question préjudicielle, déjà. Tous les arguments utilisés ici, qui ne reposent jamais sur un contenu politique mais sur le rejet des autres, sous-entendent quelque chose de bien curieux, et qui mérite qu’on s’y arrête au moins quelques secondes : la plus sérieuse raison de voter pour un parti serait donc qu’il a perdu les 2 dernières fois. Ça laisse perplexe.

une rose sur le bord de la route...

Ainsi donc voilà que défilent les injonction à voter. Le vote utile en premier bien sûr. L’argument trouve un écho naturel et légitime chez les électeurs de gauche, qui ont vécu l’humiliation de l’élimination en 2002 comme une sorte de faute collective. Mais plus que l’élimination, d’une élection sabrée, c’est la présence au second tour de l’ennemi intime qu’est la Front National qui cristallisera la rancœur. Et il en faut, de la rancœur, pour user de l’argument alors que le candidat pointe à plus de 12 points au dessus de celle du FN et que tout montre que l’hypothèse est nulle et non-avenue.

Las, l’argument ne durera qu’un temps, la progression du front de gauche le balayera vite. Changement de braquet, voici le vote « efficace » : être le plus haut possible au premier tour, et son corollaire : Hollande est le seul qui peut battre Sarkozy.  Le premier argument, seul, ne tient pas la route, l’histoire le dément irrémédiablement. C’est mêlé au second qu’il prend du volume et trouve un écho : puisque ça serait le seul, une « dynamique » à gauche serait profitable.. Soit.

Déjà arrêtons nous sur la méthode : une dynamique, ça ne se décrète jamais. Et l’on voit bien que les incantations sont faites pour stopper la dynamique existante certainement plus que pour en créer une autre. Ensuite, il serait injuste de dire que le programme du PS se limite à rejeter Sarkozy.. mais une fois ce point clarifié il faut quand même noter que la campagne se fait quasiment exclusivement dessus ! Après le rejet du FN, c’est donc le projet de la droite libérale. Quoi qu’on pense du projet socialiste, on peut noter qu’ils ne sont pas empressé de le  mettre en avant, et que quand il s’agit de le défendre la clarté est loin d’être au rendez-vous, pensons au débat Hollande contre Copé par exemple. Enfin, les enquêtes d’opinion viennent corroborer le tout : 2 tiers de ceux qui soutiendraient Hollande au second tour voteraient avant tout par rejet de Sarkozy. L’affaire est entendue.

Mais si la stratégie est cohérente, et à l’évidence fonctionne bien, surtout aidée par le matraquage médiatique, sur quoi repose l’argument ? Mélenchon perdrait face à Sarkozy au second tour ? C’est ce que sous-entendent clairement tous les ténors du Parti socialiste, et tous leurs soutiens, même parmi les plus admirables comme M. Hessel tout récemment. Mais que sait-on à ce sujet ?

Déjà, l’argument a le bon goût d’être invérifiable. En effet, les sages lois du CSA interdisent un sondage de 2e tour qui testerait l’hypothèse avec des candidats qui ne sont pas en tête au premier. Le motif est plutôt amusant : il s’agirait de ne pas influencer le vote.. c’est certain que la répétition des sondages qui ne testent qu’une hypothèse n’influence rien!

Que reste-t-il alors ? Mélenchon serait un épouvantail à centristes ? ainsi on entends non seulement que s’il est au 2e tour le report deviendrait massif pour Sarkozy, mais aussi que même sans y être, s’il est trop haut au premier les centristes pourraient « prendre peur » que Hollande bascule trop à gauche. Et avec quoi est étayée l’affirmation ? avec rien. Rien du tout. En dehors de l’argument rhétorique, pas le début d’un élément. Avec toutes les sondages  dont on nous abreuve, il n’y aurait donc rien qui donne des indices là dessus ? creusons un peu..

Comme on disait, 2 tiers de ceux qui voteront Hollande au second tour votent surtout contre Sarkozy.. pour ceux là, on peut déjà douter qu’ils retournent voter Sarkozy si c’était Mélenchon.

les sondages, ça répond surtout aux questions qu'on pose..Ensuite, l’observatoire CSA de début avril. On y apprend que non seulement Mélenchon est au coude à coude avec Hollande en terme d’image, mais que contrairement à l’idée reçue, il aurait plutôt un petit déficit à gauche, qu’il comblerait largement à droite : 26% des sympathisants de droite ont une image plutôt positive de Mélenchon (score en très nette hausse) contre seulement 19% pour Hollande (score plutôt en baisse).

Une image positive n’est pas un satisfecit, soit : continuons. Dans « la vague 21 » de la course à la présidentielle CSA, sur la même période, on interroge les gens sur la proximité des idées. « Sur 100 personnes très souvent ou assez souvent d’accord » avec Bayrou, 44 le sont aussi avec celles de Mélenchon, contre 48 pour Hollande et 50 pour Sarkozy. Un petit déficit, certes, mais très loin de celui qu’on prétend ! Pour les partisans de Mme Lepen, stricte égalité, et pour ceux de Sarkozy, léger avantage au candidat du front de gauche même. On notera enfin que les soutiens de François Hollande sont largement plus d’accord avec le programme du front de gauche que l’inverse.. effet pervers du vote utile ?

En parlant d’adhésion, d’ailleurs, on pourrait largement s’interroger sur le sondage TNS sofres du 6 Avril sur la médiatisation des candidats : 61% des français attribuent à Hollande un retour à la retriate à 60 ans à taux plein, 27%  la proposition de taxer l’exil fiscal. Malheureusement, ces propositions du programme du Front de Gauche n’apparaissent nulle part dans le programme socialiste.. Si c’est à celà que les gens adhèrent, il y a des questions à se poser, (en particulier sur le rôle des médias dans tout ça, mais ça serait un sujet à part entière.)

Mais assez de chiffres et de sondages, on connait bien leurs limites. L’intérêt de l’exercice était surtout de montrer que non seulement rien n’étaye la proposition d’un rejet de Mélenchon, mais les seuls indicateurs présent vont plutôt contre cette idée. Il y a plus important : sur quoi repose tout ça, sur quoi repose l’idée d’un rejet du candidat du front de gauche, qu’est-ce qui fait dire au camp Hollande que ça serait le cas et pourquoi le brouhaha médiatique relaye cette idée.

Deux approches de la politique

Ce que tout ceci met en lumière, c’est quelque chose de beaucoup plus fondamental. Le camp socialiste conçoit l’élection comme une course à l’électeur. Les sondages nous disent où ils sont, si l’on veut gagner on n’a donc pas d’autre choix que d’aller les chercher.. leur faire du pied. Un petit peu de fermeture du nucléaire pour asservir EELV, mais pas trop pour ne pas effrayer les chevènementistes. Un petit peu de relance pour avoir l’air de gauche, un petit peu d’austérité pour attirer les centristes. Toute la ligne politique du Parti Socialiste se lit avec la volonté de plaire à l’électeur, et donc d’aller vers lui. Cette vision, bien sûr, amène son lot d’angoisse.. comment dès lors pourrait on concilier les partisans du front de gauche avec ceux de Bayrou ?

"le Prof"La campagne du front de gauche, à l’évidence, diverge fondamentalement sur ce point. Elle rompt avec cette manière de faire de la politique qui semble s’être imposée au cours des dernières années, la faute peut-être à la surexposition médiatique et au flux infernal d’information qu’elle génère ? En tout cas, voilà qu’en meeting de campagne un candidat explique. Il ne cherche pas à faire plaisir, il éduque à sa vision, il instruit sur les enjeux. On peut adhérer ou ne pas être d’accord, là n’est pas la question : il semble clair que les médias ne jouent plus ce rôle, et surtout pas en campagne électorale. Combien d’entre nous auraient entendu parler du vote sur le MES si le front de gauche n’était pas monté au créneau ? N’est-ce pas pourtant un vote qui engage fondamentalement la politique française et donc sa population ? Lors d’un meeting, Mélenchon abordait la question, pour tout de suite dire qu’il ne voulait pas passer pour un « professeur » en ce que celà aurait l’air condescendant.. Mais au delà de la petite phrase qui sert plus à montrer de l’humilité qu’à nier le geste, c’est bien ça la « méthode » Mélenchon. Une réminiscence de son métier passé ?

Les « rienologues », comme Balzac appelait les journalistes, analysent aussi piètrement la montée du front de gauche aujourd’hui, qu’ils ne l’ont vu venir il y a quelques mois. Quand ils n’insultent pas carrément les électeurs, ils se répandent en lieux communs : vote contestataire, extrême-gauche, programme « bien sûr » non applicable. Ils passent sous silence la masse considérable de cadres et cadres supérieurs qui semblent se dessiner sous ce vote et indique un bien haut niveau d’éducation. Ou parfois ils en parlent pour la balayer d’une invective : « bobos ». Voilà ainsi que sont devenus bobos tous les cadres, dont acte.  Mais au delà des médiocres éditos qu’ils enchaînent comme on enfile des perles, il se joue bien pour eux un nouveau problème : voilà un homme politique qui informe, voilà une masse qui s’éduque sans passer par les vieux médias, fussent-ils sur internet, voilà un monde qui leur échappe et qui grossit à toute vitesse.

Cette campagne qui se mène, au delà de toutes les divergences, a refait apparaître une manière de faire de la politique qui s’était faite discrète. La noble tâche des hommes et femmes politiques est largement de prendre position et d’étayer leur position, débattre publiquement, éduquer la masse des gens qui n’a ni le temps ni souvent l’envie de plonger dans un manuel d’économie pour savoir si oui ou non il est possible d’arrêter de rembourser une dette publique. Et cette manière de faire fonctionne, très largement. Elle explique l’enthousiasme qu’on retrouve aux meetings du front de gauche, cette envie contagieuse de prendre position, pas par idéologie, mais parce qu’on a compris le fondement de cette idée ! Et que, riches de ce savoir, la voie semble plus claire. Ceux qui misent sur de simples sondages, et autres instantanés, pour dire que seul Hollande peut gagner n’ont pas compris ça.

Je ne sais quel aveuglement peut les empêcher de voire à quel point un débat d’entre 2 tours serait largement plus à l’avantage de la gauche avec Mélenchon qu’avec Hollande, tant le premier est percutant et assuré, là où le deuxième offre le flanc à tant de critiques. Mais même si le calendrier, trop court désormais, rend ce spectacle improbable, la montée du front de gauche au premier tour marquera une victoire très nette contre cette forme de renoncement démocratique, qui consiste à gouverner au sondage plutôt qu’à profondément choisir, et instruire sur ce choix.  Puis enfin, quelle drôle de victoire ça serait là que celle de Hollande quand 60% de l’électorat pense qu’il propose la retraite à 60 ans à taux plein ? Si les gens l’élisent avec en tête le programme du front de gauche, ces thèmes là reviendront vite sur la table..

Alors finalement, le seul qui peut gagner, c’est l’électeur éclairé.